FREE-LANCE

Par: (pas credité)


Agathe est journaliste. Avant, elle était à "France-Soir", mais maintenant, elle travaille en "free-lance". Elle n'est plus salariée régulière d'un journal. Elle vend ses articles à tous les journaux qui les lui payent, et n'est attachée à aucun organe de presse.

Anglicisme (qui date d'environ 1960) qui vient de "free-lance" = lance ou lancier libre : en vieil anglais, soldat mercenaire, celui qui loue sa lance (= son arme, sa vaillance, son savoir-faire) à qui il veut :
- identification lance = plume
- expression du journalisme, de l'édition, puis de la publicité. Aujourd'hui, usage étendu (un styliste de mode "free-lance"...).

Equivalent purement français : indépendant. Un journaliste indépendant/un journaliste "free-lance" ; travailler en indépendant/travailler en "free-lance".
"Free-lance" est un anglicisme. Mais, au moins on sait de quoi il est question, indépendant est un adjectif aux significations multiples. "Un journaliste indépendant" peut signifier "un journaliste à l'esprit indépendant", etc.

Autres synonymes (dans les médias) :
Pigiste :
- journaliste qui travaille de façon occasionnelle pour un journal (la radio, par exemple...)
- journaliste non mensualisé, extérieur à la rédaction du journal, qui travaille au coup par coup.

Origine ? Typo : piger : vérifier l'écartement des caractères (XIXème siècle) ; se faire piger : se faire payer son travail.
Journalisme : début XXème siècle. Etre payé à la ligne, puis à l'article, au coup par coup.

Connotations ? Pigiste évoque souvent une situation précaire, temporaire, menacée, subie, avec peu d'argent à la clé. "Il fait des piges à droite, à gauche".

"Free-lance" évoque beaucoup plus un professionnalisme, et une situation librement choisie, pour conserver son indépendance.
Autre différence : en plus d'un travail régulier, on peut faire des piges, de façon officielle ou clandestine, sous un pseudonyme. "Il travaille à France-Soir, mais il fait des piges pour Marie-Claire". Et là, on n'est pas loin de "faire de la perruque". Argot journalistique : faire un extra à l'insu de son patron, et sur son temps de travail, le plus souvent avec ses outils ordinaires de travail et l'infrastructure mise à la disposition par l'employeur habituel (ordinateurs, instruments du maquettiste, labo-photo, etc.). Milieu XIXème siècle : au départ, argot d'artisan dérive de cette idée de trompe l'oeil, de postiche.
A vous voir, on jurerait que vous travaillez pour le patron. Et pourtant...




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