CAS

Par: (pas credité)


Mot bref, ancien, très idiomatique et plutôt atypique. Et le mot est difficile à définir, tant ses utilisations sont nombreuses, diverses, et liées à la phrase où il apparaît. Le cas , c’est ce qui arrive, ce qui se produit. Et ça correspond souvent à une éventualité, une hypothèse, une possibilité. Si c’est fermé, qu’est-ce que tu fais ? Dans ce cas-là, je garde mon sang-froid, je sors mon rossignol et je crochète la porte.

Le mot est donc parfois tout bonnement synonyme d’hypothèse : plusieurs cas sont à envisager. Et il s’utilise aussi lorsqu’on anticipe sur un futur possible, et sert à exprimer une idée de condition : en cas de mauvais temps, nous rebrousserons chemin. En cas de malheur, prévenez ma famille. De même la tournure au cas où, qui introduit une proposition circonstancielle, et qui correspond un peu à si, ou si jamais : il introduit une idée d’hypothèse peu probable : j’ai pris mon imperméable au cas où il se mettrait à pleuvoir. Parfois même, on abrège : j’ai pris mon parapluie, au cas où… = pour parer à toute éventualité (Cf. anglais just in case).
L’expression le cas échéant est intéressante : littéralement, c’est une manière de pléonasme : si cette chute tombe. D’ailleurs, les deux mots cas et échéant sont de la même famille. Cela signifie donc si cette possibilité vient à se réaliser, et en fait, ça revient à dire si c’est nécessaire : Réglez-moi l’allumage ; le cas échéant, remplacez les bougies.

Et en aucun cas veut dire en aucune façon.
Maintenant, cas glisse facilement vers le sens de raison, cause, motif : c’est un cas de légitime défense, un cas de divorce (une motif suffisant pour demander le divorce). On rappellera à l’occasion le casus belli.
Mais le mot est souvent plus concret et désigne une situation, une affaire : le cas est exceptionnel.
A signaler, le cas de force majeur : je me suis arrêté sur la bande d’arrêt d’urgence, brigadier : c’était un cas de force majeur ; un dromadaire klaxonnait pour me doubler, et ensuite je l’ai vu attaquer une fermière dans un champ.

Le cas est donc une affaire, y compris dans un vocabulaire précisément juridique : dans le cas Gerber, le procureur a requis 20 ans. Dans le cas Tristano, Maître Billard est l’avocat de la défense.
Ou dans un lexique médical : le cas de Monsieur Douglas n’est pas bien grave ; celui de Monsieur Caine semble bien plus inquiétant.
Mais Zorn… c’est un cas.



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