BRAVO !

Par: (pas credité)


Bravo ! L’exclamation sert à témoigner son admiration. Le mot nous vient de l’italien. On l’entend encore, d’autant qu’on a gardé le superlatif italien, même s’il est un peu emphatique, ou employé par ironie: bravissimo. Le nom s’accorde à la française (les bravos fusaient – et non les bravi) alors que jusqu’à la fin du 19è siècle, on utilisait encore le féminin brava lorsqu’on acclamait une femme. Homme ou femme, le mot renvoie en tout cas au rituel de la scène, et les bravos du public s’adressent aux comédiens et aux musiciens, à la fin d’une pièce, d’un morceau de musique, d’un concert. Et c’est par rapport à ce mot de bravo qu’on comprend mieux ce qu’est un morceau de bravoure : pièce musicale ou scène de théâtre, ou encore tirade qui permet d’exhiber, de faire valoir au mieux ses qualités. Il s’agit en général de montrer une exécution brillante, virtuose, spectaculaire, dans un morceau à effet, un peu démonstratif, où on se met en valeur.

Mais attention, bravo est un mot bizarre : souvent cri d’enthousiasme, il peut être prononcé de façon tout à fait calme : jeune homme, je vous dis bravo. En même temps, il correspond à un geste : l’applaudissement. C’est donc un mot qu’on dit et qu’on fait. On peut applaudir avec plus ou moins de chaleur, et on en module l’expression : applaudir à tout rompre. Applaudir des deux mains est un pléonasme pittoresque et expressif, dont l’emploi a un sens un peu particulier : il signifie qu’on exprime avec force – mais dans un langage un peu ampoulé, son approbation. On est là tout à fait sorti du monde du spectacle. Le député a applaudi des deux mains en apprenant que le gouvernement allait augmenter le Smic. On exprime donc un accord plus que des félicitations. L’applaudimètre nous fait revenir dans la salle de spectacle. Le mot est un peu ancien – radio-crochet etc. Le chanteur l’a emporté à l’applaudimètre (l’appareil, bien sûr est imaginaire).

Quant à l’ovation, c’est le stade suprême des acclamations, qui réunit applaudissements et exclamations d’enthousiasme. L’anglicisme standing ovation, porté par un effet de mode, est d’ailleurs de plus en plus employé par des benêts, le plus souvent ignares. L’ovation au départ, est une cérémonie romaine où l’on acclamait un général victorieux qui allait sacrifier une brebis (ovis) pour rendre grâces aux dieux. A moins qu’ovation ne vienne d’une onomatopée grecque, ancêtre de notre hourrah, qui exprimait le plus haut degré de l’enthousiasme : Euhoï !



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