MARSEILLE

Par: (pas credité)


On parle beaucoup de cette ville en ce moment, et pour des raisons diverses – c’est, de toute façon, une ville qui, ces dernières années, a été plus médiatisée que par le passé. Et pourtant, son passé est lointain. D’où vient-elle ? D’où vient son nom ? On n’en sait trop rien, et on le lit pour la première fois chez l’historien Hérodote (Vème siècle avant J.-C.). Elle s’appelle dans l’Antiquité "Massalia" ou "Massilia", mots qui se sont transformés bien sûr, mais dont l’écho reste parfois encore utilisé ("Massilia sound system"). On l’appelle aussi la cité phocéenne, périphrase alambiquée qui fait chic et lettré (Cf la cité des Papes), évite parfois une répétition et donne de l’allure à une ville qui peut souffrir de sa réputation populaire. Pourquoi phocéenne ? Parce qu’elle a été fondée vers 600 avant J.-C. par des Grecs originaires de Phocée, une ville d’Asie Mineure, dont les habitants étaient de hardis colonisateurs, qui finirent par abandonner leur métropole, attaquée par Harpage pour ne plus vivre que dans les villes qu’ils avaient fondées.

Si l’origine du nom "Marseille" garde son secret, il n’en est pas moins productif. Glissons rapidement sur le "savon de Marseille", orgueil de l’hygiène méridional. Attardons-nous davantage sur les histoires "marseillaises", qui sont des histoires d’exagération. On dit le Marseillais hâbleur et ses récits enflés. C’est exactement la même image que celle de Tartarin, largement alimentée par la mythologie de Pagnol. On citera pour mémoire la sardine et le port.

Enfin, la Marseillaise est un titre de gloire qu’on ne saurait oublier. Son histoire est vagabonde : notre hymne national est né à Strasbourg, dont le maire révolutionnaire, De Dietrich, avait en 1792 commandé une chanson patriotique et entraînante à un jeune chansonnier-officier, Claude Rouget de Lisle. Il en écrit rapidement les paroles, trousse un air martial vraisemblablement puisé, pour sa plus grande part, dans le répertoire existant, et présente son Chant de guerre pour l’armée du Rhin le 29 avril 1792. Triomphe. La partition se répand vite, par le biais des colporteurs. De jeunes volontaires marseillais s’en emparent, et la chantent tout au long du chemin qui les mène à Paris où ils vont rejoindre le gros des troupes révolutionnaires. Ils en endossent sinon la paternité, du moins le parrainage. Et la Marseillaise est née.




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