GONFLE/CREVE

Par: (pas credité)


La première convention des collectionneurs d’objets Michelin nous donne l’occasion de nous intéresser aux images du "pneu", si belles, si parlantes, si poétiques.

Commençons par les plus positives : un "pneu", ça se gonfle.
"Etre gonflé à bloc", c’est donc être plein de courage, d’énergie ; "ça m’a regonflé" = ça m’a redonné le moral.
"Il est gonflé" = il ne manque pas d’audace, de culot. Parfois admiratif, le plus souvent critique : "tu es gonflé de me demander ma voiture après ce que tu m’as fait". C’est-à-dire, de façon plus familière encore : "tu ne manques pas d’air".

Bien différent est le sens de "tu me gonfles" = tu m’irrites, tu m’exaspères, qui bizarrement a sensiblement le même sens que "tu me pompes", alors que les deux images sont inverses : "pomper" est le symétrique de "gonfler" : c’est toujours aspirer, vider en aspirant : (Cf "le pompage de l’Erika").
Et cette image est à l’origine de plusieurs autres expressions qui indiquent la grande fatigue : "je suis pompé", "j’ai un coup de pompe", c’est-à-dire un coup de fatigue soudain. Toutes expressions à mettre évidemment en rapport avec quelques autres qui évoquent un "pneu" hors d’usage : "je suis crevé" ; "à plat", "raplapla".




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