DERRICK

Par: (pas credité)


Si l’on parle en ce moment de gazole (gas-oil outre-Manche et outre-Atlantique), c’est qu’on se préoccupe du destin de ce qui sort du "derrick". Et le "derrick" n’est pas moins mystérieux et charmeur que le gazole.

Le mot est anglo-saxon, et on nous conseille de parler plutôt de "tour de forage"… Soit… Et pourtant, je préfère "derrick". C’est que ce mot a une histoire ; c’est aussi que c’est un vrai mot, alors que "tour de forage", si explicite que soit l’expression n’est qu’une expression, une périphrase…

Et "derrick", avant d’être commun a été propre : c’était le nom d’un aventurier anglais, qui était parti guerroyer en Espagne, derrière le Comte d’Essex. Il exerçait le noble métier de bourreau, et notre industrieux Monsieur profita de cette promenade militaire pour améliorer le matériel et concevoir un nouveau type de gibet. Il faut dire qu’il connaissait bien la machine, ayant lui-même été condamné à mort pour quelques peccadilles, et gracié au pied de l’échafaud. Retour d’Espagne, il prend du galon, devient bourreau officiel, en profite pour exécuter son ancien patron (le Comte d’Essex disgracié), et voilà que son nom va être synonyme d’abord de bourreau, puis de gibet. Par extension, le "derrick" désignera toute sorte de charpente s’élevant vers le ciel. On s’en souviendra lorsqu’on construira des "tours de forage", notamment dans le Kentucky, vers 1830. Et le mot reviendra tout doucement en France, sans avoir jamais servi, dans ce pays, à pendre personne.



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