BOTTES, SANTIAGS, CHAUSSURES…

Par: (pas credité)


Un article tout récent du Monde soulignait (déplorait ?) le déclin des « santiags ».
« Santiags » ? « bottes » d’origine américaine ou mexicaine ; bout pointu, talon de biais. L’un des symboles du look cow-boy, en vogue chez les amateurs de rock et de cuir. Accessoire de celui qui a une monture – un cheval ou plus récemment une moto – et c’est cette monture qui fait mieux comprendre l’assimilation cow-boy/motard.
La « santiag » vient d’où ? Nul ne sait trop, mais probablement d’une ville nommée Santiago. Laquelle ? Ce toponyme est assez partagé.

Les « santiags » sont des « bottes ». Et la « botte », objet et nom, n’est pas neuve. Mais cette « chaussure » montante a depuis longtemps évoqué un univers particulier. La « botte », c’est une « chaussure » d’extérieur, solide, qui protège. « Chaussure » de chasseur, de guerrier, de cavalier souvent, elle est associée à un comportement considéré comme très masculin, voire viril, et viril au sens de brutal : on n’entre pas au paradis avec ses « bottes ».

A propos de « bottes », c’est sans à propos (allusion à un esprit un peu rustre, qu’on prête à ceux qui ont des « bottes » ? bavardage de corps de garde ?).
Les « bottes » représentent aussi le pouvoir, le pouvoir arrogant, le pouvoir qui fait peur et qu’on courtise : lécher les « bottes » = complimenter, flatter dans un but intéressé. Etre à la « botte » de quelqu’un, c’est être à sa disposition absolue, servile. Etre sous la « botte », c’est être sous la domination, mais là, en général, pour une collectivité plus que pour un individu : la Pologne, sous la « botte » allemande en 1940.
Et les bruits de « bottes » évoquent des risques de guerre, ou même plus souvent des coups d’état militaires.
Quant à « botter », le verbe évoque aussi une évidente rudesse : c’est donner un coup de pied, chaussé de « bottes », c’est en général « botter » le train, « botter » le cul, expression familière, mais figée qui, là encore, évoque l’autorité musclée et méprisante.
Mais, on avait aussi « graisser ses bottes », et « laisser ses bottes » : se préparer à partir, à mourir.



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