KARMA

Par: (pas credité)


« Karma ». C’est le nom d’une pièce de théâtre, de Jean-Louis Bourdon, qui se joue au Studio des Champs-Elysées. « Karma », un mot français ? Certes non, mais qui rôde suffisamment dans notre langue pour qu’on puisse l’utiliser comme titre. Le mot « karma » nous vient de la pensée indienne, et de la langue sanskrite. Il renvoie, en gros, à l’idée de destinée.
L’un des thèmes principaux de l’hindouisme est la réincarnation : un être vivant traverse une série de vies différentes, sous des formes différentes. Donc, la vie ne s’arrête pas à la mort : on renaîtra sous un autre aspect, dans un autre règne (animal, végétal ? …) et lorsqu’on naît, on est également porteur de tout un passé, vécu dans d’autres existences. Tout ce passé va peser, va influencer cette nouvelle existence qui commence, et va d’une certaine façon la déterminer. C’est ce qu’on appelle le « karma ». L’influence et la mode pour les pensées orientalisantes qui s’est fait sentir depuis une trentaine d’années dans les sociétés occidentales nous a habitué à ce nom de « karma », même s’il est encore d’un usage assez rare et précieux. Le « karma », c’est donc une certaine forme de prédestination, ou plutôt une personnalité très profonde, dont on n’a pas clairement conscience, mais qui peut se révéler, à notre insu, dans certains comportements, certaines situations de vie dans lesquelles nous nous mettons. Comme un genre de faux hasard. (L’appartement que je viens de louer est au-dessus d’un cinéma spécialisé dans les films noirs des années 40. Je passerai mes soirées dans la salle. C’est mon « karma »…)

Des synonymes ? C’est le destin ! L’expression a un sens un peu différent. D’abord, elle est un peu vieillotte. Et puis, elle évoque beaucoup plus le hasard qu’une vraie destinée, un hasard qui, peut-être, rejoint une logique ou une direction générale, mais sans qu’on puisse vraiment imputer tout cela à une volonté supérieure et mystérieuse. C’est le destin = c’est comme ça. On n’y peut rien. L’expression est, en général, usitée dans un contexte légèrement négatif : on regrette, on déplore… mais ce n’est pas trop grave. Cf. l’expression, bien plus populaire, et pittoresque « c’est la faute à pas de chance »

Alors qu’avec un autre mot, c’est la fatalité, la situation paraît plus grave : la fatalité évoque plus facilement une prédestination tragique : c’est malheureux, et il était écrit que ça arriverait…
Alors que bizarrement, l’adjectif fatal échappe bien plus au tragique. Au contraire, il a très souvent le sens de prévisible, inévitable. « A force de donner des rendez-vous n’importe où, n’importe comment à sa maîtresse Marguerite, Totor a fini par se trahir, et sa femme a tout découvert. Imprudent comme il était, c’était fatal ! » = Ça devait arriver. On est dans l’opposé de la destinée et de la fatalité.




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