LOUP

Par: (pas credité)


Le loup, par sa beauté, son côté irréductiblement sauvage, sa cruauté supposée, le danger réel qu’il a longtemps représenté pour les troupeaux, voire les hommes, est l’une des figures les plus chargées dans l’inconscient européen. Nul étonnement donc à le voir apparaître à tous les coins de la langue, avec des significations fort différentes, mais le plus souvent liées à l’intensité.

Et d’ailleurs, l’expression « de loup » fonctionne comme un intensif : « une faim de loup », « un froid de loup »… = très très faim, très très froid.

A part ça, quel domaine le loup explore-t-il ?
La sexualité souvent. Et la sexualité dévorante à l’œuvre dans Le petit Chaperon rouge fait qu’on ne s’étonnera pas d’une locution comme « avoir vu le loup ». Et « la danse des loups » (anciennement « le branle du loup ») évoque l’acte sexuel. (Il n’y a pas que le français : en anglais « a wolf » est un homme à femmes).

Le loup, c’est donc le désir, l’appétit, de façon générale : un « jeune loup »…
Et comme le désir est le fait du diable, le loup a partie liée avec le Malin, celui qu’on n’évoque pas de peur qu’il apparaisse : « quand on parle du loup, on en voit la queue », expression populaire et encore très usuelle, prononcée de manière anodine quand survient quelqu’un qui faisait les frais de la conversation, mais dont l’origine est certainement en rapport avec la superstition du diable dont il ne faut pas prononcer le nom.

Mais le loup, plus vaguement, représente le danger : « se mettre dans la gueule du loup » : se mettre extrêmement près du plus grand péril, alors même, en général, qu’on voulait s’en éloigner.

Ou il représente la cruauté, l’absence de pitié : « l’homme est un loup pour l’homme » (ça ne date pas d’hier : le dicton est traduit du latin). Et « hurler avec les loups » : être bas et mesquin pour faire comme les autres et ne pas se singulariser.


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