PAIX

Par: (pas credité)


« Pax americana ». Voici une expression latine et moderne qu’on a réentendue récemment, notamment à propos de la situation compliquée et dramatique au Proche-Orient. Bill Clinton, avant la fin de son mandat, aimerait-il être l’artisan de la paix, ou tout au moins son adjuvant ? Souhaite-t-on en Amérique télécommander ou simplement aider à établir des accords de paix ?

En tout cas, l’expression « pax americana » – la paix américaine – s’était surtout entendue autour des années 70, à propos de nombreuses parties du monde, en particulier, de l’Amérique latine. Et cette façon de parler n’était pas tendre pour les Etats-Unis, puisqu’elle impliquait que l’Amérique imposait la paix à des moments et dans des régions, et sous des conditions qui lui étaient d’abord profitables.

La locution moderne est renouvelée d’une tournure latine, « pax romana », qui se trouve, semble-t-il d’abord sous la plume de Sénèque. Cette paix romaine désigne d’abord une domination tranquille de l’Empire romain sur l’ensemble ou presque du monde connu à l’époque. Mais, la locution a bien vite suscité quelque ironie : paix imposée, paix superficielle, paix de fer du vainqueur qui ne veut pas entendre les couinements des vaincus.

Ce mot de « paix » a plus d’une fois servi à masquer les situations bien différentes.
La paix ou ses dérivés, en particulier la pacification.
Le mot désigne d’abord (avant de renvoyer à une sérénité intérieure et psychologique) le retour à un état de paix entre des belligérants. Louis XI est apparemment le premier à se faire appeler « seigneur pacific » de toute la Comté du Roussillon. La colonisation ayant souvent été présentée comme une œuvre en premier lieu pacificatrice, on a parlé de pacification à propos d’opérations de maintien de l’ordre, d’étouffement des résistances et des révoltes, parfois crûment opérations de police musclées. Le mot a été employé, à diverses reprises : pendant les guerres de religion par exemple, où certains édits même, ont été appelés édits de pacification (édits d’Orléans, d’Amboise et de Nantes). Et surtout, on a appelé pacification le contrôle progressif de toutes les rébellions après la conquête de l’Algérie.



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