ADDITION, NOTE, DOULOUREUSE

Par: (pas credité)


Est-ce qu’on peut traduire Bill Gates par les portes de l’addition ? Osé. C’est pourtant ce qu’ose Eric Vigneron, conseil en entreprise, qui a déposé, à l’Institut National de la Propriété Industrielle, le nom de Bill Gates, au titre de traduction des Portes de l’addition, afin d’en nommer un projet d’hôtel-restaurant.. Plainte du patron de Microsoft. Le Tribunal de Fort-de-France décide aujourd’hui…

Et nous, on se penche sur ce terme d’addition, dont le sens ne pose pas problème : il s’agit de ce qu’on a à payer, et le terme est presque réservé à ce qu’on doit au restaurant, après un repas, ou au café, à la rigueur chez l’épicier. « Garçon, l’addition s’il vous plait ! » Le sens est transparent : on additionne les prix de tout ce que vous avez consommé ou acheté. Mais au lieu de dire le total, on dit l’addition, privilégiant ainsi l’opération elle-même à son résultat. Cf. la plaisanterie bien connue : « Garçon, la soustraction ! » De toute façon, l’addition se voit souvent : petit calepin et opération faite au crayon… je sais bien, la machine a tué tout ça.

Hors de ce contexte, utilise-t-on ce mot ? Parfois de façon figurée et ironique (ou expressive) : l’addition, c’est le coût total d’un événement, d’une opération, c’est son bilan, mais uniquement dans le cas où ce bilan est négatif , voire désastreux ; quelques mois après une marée noire, on fait tous les comptes, et l’addition est souvent catastrophique.

Addition a un synonyme approximatif, qui est note. Pourquoi note ? Le mot désigne d’abord un petit écrit, puis le détail d’un décompte qu’on a couché par écrit. Donc une addition. Le mot d’ailleurs désigne très souvent le petit papier sur lequel on a porté cette addition, le ticket de caisse. L’usage de note paraît plus large que celui d’addition : la note du garage, la note du plombier – dans ces cas-là, on ne parlera pas d’addition.

Equivalent plaisant et familier : la douloureuse, dont le sens se comprend sans effort. Si c’est vraiment trop douloureux, on dira que la note (ou l’addition) est salée. C’est-à-dire lourde, excessive avec souvent l’idée qu’elle est fallacieuse, qu’on essaie de vous abuser et de vous faire payer plus que de raison. Comment comprendre l’image ? Probablement parce qu’on a l’idée d’une note arrangée, « cuisinée », on dit aussi assaisonnée. Le sel relève le goût du plat ; de même on aura voulu relever l’addition…

Mais la note est souvent entendue comme note de frais, celle qu’on se fait rembourser par son employeur, ou qu’on fait passer dans les frais généraux, lorsqu’il s’agit de dépenses professionnelles.

Terminons avec l’ardoise, une addition différée, un crédit chez un commerçant ou un limonadier, qui inscrit sur une ardoise accrochée au mur toutes les dépenses que vous faites chez lui, et que vous paierez (espère-t-il) d’un coup.




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