COUPABLE OU NON COUPABLE

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 26 FEVRIER 2001

C’est le titre d’une pièce à succès. Racoleuse ? Et après…
Mais qu’est-ce exactement qu’ « être coupable ». C’est avoir commis une faute grave, qui vous fait tomber sous le coup de la loi ou d’un règlement.

Le mot est à la fois adjectif et substantif : « il est coupable » ; « on recherche le coupable »…
Un mot de morphologie sémantique : la terminaison –able ne signifie pas ici « être susceptible de… » comme c’est le cas le plus souvent (sécable = qui peut être coupé, blâmable, appréciable, etc). Attention, ce n’est pas la seule exception (responsable…). Comment l’expliquer ? « Coupable » dérive d’un latin tardif et chrétien, à une époque où la terminaison latine –abilis n’était plus sentie comme signifiant clairement « capable de ».

Le mot s’est spécialisé dans deux directions :
- le droit (on vient de le voir). Cf. inculper, mot obsolète depuis que la mise en examen a succédé à l’inculpation, mais bien sûr, le mot existe toujours. Et disculper.
- La psychologie et la morale. La voie qui y mène passe par l’Eglise : battre sa coulpe : geste symbolique du repentir. Mais, il s’agit là d’une faute dont on s’accuse soi-même. Et la culpabilité, qui signifie en droit le fait d’ « être coupable », renvoie en psychologie au fait de se sentir coupable.

De là, le verbe culpabiliser : susciter un sentiment de culpabilité chez quelqu’un. Et ce verbe, en langue familière, est devenu l’équivalent de sa forme réflexive : se culpabiliser : « J’ai laissé mon petit frère tout seul, pour sortir avec Suzanne. Je culpabilise ».




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