DEGUISE – TRAVESTI

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 27 FEVRIER 2001

C’est aujourd’hui mardi-gras. Traditionnellement, on se déguise, on se travestit. L’un ou l’autre ?

Le verbe « déguiser » se comprend sans peine, lorsqu’on le décompose : dé-, préfixe qu’on trouve souvent sous la forme dis (on se souviendra de l’anglais disguise) qui exprime une idée de contraire : ce qui va de travers, ce qui va à l’encontre de…
Quant à la guise, c’est la manière d’être, et parfois l’apparence (en guise de parasol…). Se déguiser, c’est donc changer d’apparence. Comment ? Par un vêtement (on se déguise en marquis, en sorcière, en gondole japonaise), un accessoire (tel chapeau melon, et me voilà Charlot), un maquillage (telle moustache au bouchon, me voilà Groucho Marx).

Mais attention, le déguisement s’affiche comme tel : c’est un masque qui dénonce sa propre mascarade, et s’il cherche à faire rire son monde, il ne cherche pas à le tromper : le déguisé se fait passer pour quelqu’un de déguisé, pas pour quelqu’un d’autre. Et ça donne un petit côté original et qui se fait remarquer : « Tiens ! Il est déguisé. »

Travestir est un mot qu’on peut également décomposer avec profit : tra, c’est au-delà, de l’autre côté. Et vêtir c’est habiller. Se travestir, c’est donc souvent passer de l’autre côté d’une barrière : celle de sa condition, celle de son sexe. Et là, on cherche à se faire passer pour ce que l’on n’est pas, même si c’est avec des excès théâtraux très exhibés.



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