PRINTEMPS

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 12 AVRIL 2001


Printemps de la mode, printemps du jazz, printemps de la littérature jeunesse, printemps des arts, de la danse, etc.

Le mot et l’image ont toujours été positifs, mais un effet de mode bizarre fait que cette année, cette formulation explose et se retrouve partout.
Bien sûr, tout ça est jumelé au vrai printemps, et sert à dénommer des manifestations qui coïncident à peu près avec le début de cette saison.

Alors commençons par le commencement : le printemps dure trois mois, du 21 mars au 21 juin, et cette idée a toujours été porteuse de significations favorables. Ce n’est pas le cas de toutes les saisons : l’hiver évoque l’engourdissement, le froid, voire la mort (même si cette mort est temporaire) ; l’automne est volontiers nostalgique (bien qu’au Moyen âge et pendant la Renaissance, et même en gros jusqu’au Romantisme, cette période, qui correspond aux vendanges, ait souvent été associée à la liesse et aux réjouissances de l’abondance).

Mais le printemps, c’est toujours bien, et c’est d’abord le renouveau : « L’an se rajeunissait en sa verte jouvence ». Le printemps est donc ce premier temps (primus tempus) d’une nouvelle vie, d’une nouvelle année. L’adjectif « printanier » est presque toujours utilisé dans un sens subjectif : gai, insouciant, léger : des couleurs, une allure, une façon de s’habiller sont « printanières ».

Métaphoriquement, le printemps, c’est non seulement un moment de l’année, mais un âge de la vie, celui de la prime jeunesse, de l’adolescence : on en a fini de l’enfance, mais l’âge adulte n’est encore qu’une promesse. On pressent l’éclosion, mais elle n’a pas eu lieu encore.

Le printemps est aussi métonymie de l’année. Mais attention, toujours pour renvoyer à cet âge tendre auquel il est associé : on dit, poétiquement ou ironiquement, de quelqu’un qu’il a 20 printemps. On peut éventuellement dire d’une vieille dame qu’elle a fêté ses 80 printemps, précisément pour souligner qu’elle est encore ingambe et pleine d’alacrité. Mais on a plus souvent 50 balais que 50 printemps.

Enfin, le mot « printemps » a été utilisé à différentes reprises pour dénommer un moment de liberté, de mieux-être qui décrispait (provisoirement) un régime politique dur : espoir d’une libéralisation, d’un souffle de liberté. Et le plus connu est le Printemps de Prague, autour de Dubcek, en 1968, jusqu’à l’intervention soviétique du mois d’août.



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