CHANSON

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 23 AVRIL 2001

Le prix Richelieu attribué à Jean Amadou, un chansonnier. C’est-à-dire ? Quelqu’un qui chante ? Eh bien non ! Mais un comédien humoriste, qui peut éventuellement chanter, mais fait surtout de courts sketches : satire politique ou sociale, parodie, etc.

C’est un genre qu’on trouve dans les cabarets, assez en déclin par rapport à ce qu’il a été, mais qui survit, après de grandes années aux XIXème et XXème siècles, entre fantaisistes et music-halls.

Si le chansonnier ne chante pas, il chansonne. Chansonner : vieux verbe qui signifie railler, se moquer, lorsqu’il s’agit d’un personnage public : Edouard Balladur, comme Louis-Philippe, se sont fait chansonner.

Et la chanson elle-même a une histoire qui montre qu’elle n’est pas toujours chantée.
Chansons(s) (surtout au pluriel), signifie souvent « histoires », « sornettes », donc invention, mensonge. Avec, parfois, cette vague idée que ces histoires sont invraisemblables. Le mot peut d’ailleurs être compris dans le sens de « version d’une histoire ». « C’est une nouvelle chanson qu’il nous a chantée là. ».

Et au sens propre, la chanson est distincte du chant.
Le chant, c’est essentiellement le fait de chanter - même si le mot peut parfois désigner ce qu’on chante (un chant d’allégresse). Et l’existence d’un texte n’est pas nécessairement évoquée : l’important, c’est la voix qui module, éventuellement psalmodie. Le chant est d’ailleurs, étymologiquement une parole de louange.

Alors que la chanson, c’est tout différent. C’est une pièce chantée, courte, modeste, souvent populaire, qui associe paroles et musique, avec souvent une structure fixe, refrain/couplet. On a à l’esprit une forme à cellules répétées et mémorisables.

Le mot s’emploie dans le cadre d’un répertoire populaire (ce qu’on appellerait aujourd’hui « variétés ») alors que dans la musique classique, on parlera de mélodie, d’air, voire en empruntant à l’allemand, de lied.



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