INEXCUSABLE

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 14 MAI 2001

C’est une faute inexcusable que reprochent un certain nombre d’employés de la société Saint-Gobain à leur employeur, qui leur aurait fait manipuler de l’amiante. Et cet adjectif, même s’il est présent dans le cade qui qualifie le délit, est bien symptomatique de la justice d’aujourd’hui : la faute inexcusable est un écho (purement linguistique ce la va de soi) du crime imprescriptible. Et les victimes veulent que les coupables soient non seulement jugés, mais stigmatisés.

Il ne manquerait plus qu’on l’excusât, ce coupable. C’est-à-dire ? Le sens étymologique et même le sens latin du verbe excusare est éclairant : ça veut dire mettre hors de cause. Aujourd’hui, bien sûr, le sens est différent : on peut excuser quelqu’un, ou quelque chose : on reconnaît qu’il avait des raisons de faire telle ou telle chose, et que ces raisons atténuent, voire annulent sa faute.

Le mot peut avoir des sens particuliers : un absent à une réunion est « excusé » s’il a donné une raison valable de son absence. Le mot sert souvent d’entrée en matière entre deux personnes qui se connaissent mal ( ou pas du tout) : Excusez-moi, auriez-vous l’heure ? C’est-à-dire, excusez-moi de vous déranger.

Et le mot peut parfois être utilisé au rebours de son sens, comme un mot agressif, une remise en cause : excusez-moi Monsieur, mais c’est ma place.

Le verbe est souvent employé à la forme pronominale : s’excuser. Et cette forme est, d’après les meilleurs grammairiens, tout à fait correcte : s’excuser, c’est présenter des excuses. Une vieille lune voudrait qu’on ne s’excusât pas soi –même. On devrait dire « Je vous prie de m’excuser ». Sornettes que tout cela : on s’excuse très bien soi-même.




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