FATAL

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 22 MAI 2001


Fatal error : inscription terrifiante quand elle vient vous narguer sur votre écran et ridicule, dans son anglicisme aux prétentieux relents latinisants. Mais quand on lit ça, on comprend bien que c’est sérieux : l’erreur semble difficile à rattraper : elle est définitive. Et c’est souvent le sens (affaibli) du mot : définitivement nocif : « son année scolaire n’était déjà pas très bien partie ; mais il a rencontré Lulu, et ça lui a été fatal : il n’a plus rien fait du tout ». « Cette troisième part de tarte lui a été fatale : il est devenu verdâtre et s’est précipité vers la salle de bains ». (C’est un peu l’image de la goutte d’eau et du vase).

On donne également souvent au mot le sens d’inévitable : « A force de s’afficher avec Gigi, il fallait bien qu’un jour, il tombe sur une amie de sa femme : c’était fatal ». « Fatalement, il a fini par croiser Hortense qui sortait de chez le pédicure ».

Fatal est parfois compris comme mortel : « ce troisième infarctus lui a été fatal ». On rejoint par là l’origine du mot qui dérive du latin fatum : le destin, ce qui est écrit.

Mais, le sens du mot est moins fort que celui de fatidique, autre adjectif qui appartient à la même famille. Fatidique désigne presque toujours un moment, considéré comme important et solennel, que ce soit le terme de la vie fixé par le destin, ou un instant lourd de conséquences comme celui où la boule de la roulette s’immobilise sur le chiffre qui fera votre fortune ou votre malheur.

D’autres mots de cette famille sont courants : fatalité et fataliste. Est fataliste celui qui croit à la fatalité, et le mot désigne souvent une attitude vaguement résignée devant la vie, comme si ça n'était pas notre faute, qu'on n'y pouvait rien…
Quant à dire le fatal… c’est une expression plaisante et superstitieuse des gens de théâtre.



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