CYCLABLE

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 23 MAI 2001

Palmarès des villes cyclables à l’étude, club des villes cyclables fondé par Jean-Michel Herry (un édile lorientais), pistes cyclables à Paris, peu nombreuses d’ailleurs, mais parfois mises en avant lors des dernières élections municipales…

Le cyclable est à la mode, tout comme le vélo. Une piste cyclable est donc un ruban bitumé, le plus souvent adjacent à une voie principale, où la bicyclette a droit de cité. Où elle peut rouler. Car l’adjectif a facilement un sens administratif et réglementaire. Alors qu’une voie carrossable est une voie où les voitures peuvent rouler, ont la capacité de rouler. Et là, il est bien plus question de possibilité concrète que d’autorisation : un chemin carrossable est celui où passeront, bon an mal an, une voiture ou un camion. C’est un chemin praticable. Ah, mais attention ! ce dernier mot existe aussi. Mais, il a un sens plus provisoire : une route carrossable l’est toujours : elle a été aménagée pour que les voitures puissent y passer. Mais un chemin praticable, par temps sec, peut très bien ne plus l’être par fortes pluies.

Revenons à notre cyclable : il est bien étonnant de voir que le cycle, quand il s’agit de moyen de transport, ne s’applique jamais aux véhicules à quatre roues : il lui faut toujours une certaine instabilité. Avec deux roues, on aura à l’envi des bicyclettes, des motocyclettes, des cyclomoteurs, etc. Et il est vrai que l’enseigne « Cycles » rassemble des magasins qui peuvent s’occuper de mobylettes, voire de motos. Mais, malgré tout, le cycle s’accommode mal du moteur. Et ce qu’on appelle le cyclisme n’est rien d’autre que l’art des rois de la pédale. Cycler, au début du XXème siècle, voulait dire pédaler (sur un vélo, bien sûr). Et l’anglicisme cycle-car désignait une voiturette à pédale. Comme si le tour de pédale légitimait le tour de roue.



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