SOUPE

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 4 JUIN 2001

Lille : Festival international de la soupe, « la louche d’or », ouvert aux professionnels de la cuisine, comme aux amateurs.

Ce qui nous fait ressouvenir que la soupe est relativement populaire par rapport au potage : soupe aux choux, potage belle aurore.
Pour populaire qu’elle soit, la soupe est riche en légumes linguistiques, s’apparente aux images du repas, de la vie quotidienne… repas qui pointe aussi bien la vie dure et chiche (la pauvreté) que la nourriture, et par extension la richesse :
- A la soupe = A table
- Par ici la bonne soupe stigmatise l’appétit pour des profits malhonnêtes.
- Cracher dans la soupe, c’est mépriser, avec des airs vertueux ce qui vous fait pourtant vivre, sous prétexte que c’est un peu vulgaire (souvent utilisé à la négative :il ne faut pas cracher dans la soupe)… on est bien content de l’avoir son chèque de fin de mois, même si on travaille dans la presse à scandale. Sous-entendu, si on veut s’indigner, il faut en tirer les conséquences, et ne pas avoir partie liée avec ce qui vous indigne.
- Le marchand de soupe est un commerçant aux mœurs économiques douteuses.

Bizarrement, le sens étymologique de soupe est bien différent de celui qu’il a pris ensuite : il s’agit d’une tranche de pain que chez les paysans (ou les pauvres, en général) on trempe. Dans quoi ? Dans du vin souvent, puis dans du bouillon. Ce qui explique l’expression trempé comme une soupe.

La soupe au lait évoque le lait qui déborde, vite, sans qu’on ait rien pu faire pour l’arrêter. De là l’image d’une colère très rapide, née d’une cause bénigne, mais qui redescend aussi vite. L’expression est – assez étrangement car c’est rare en français – employée comme un adjectif : elle est soupe au lait, Paulette.

Enfin, on peut terminer sur quelques images peu plaisantes, mais qui montrent dans quel discrédit la soupe est tenue aujourd’hui : gros plein de soupe et soupe à la grimace.



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