PATERNITE

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU…

Le congé de paternité est à l’honneur. Tant mieux. Et pourtant, le mot paternité et le mot maternité sont loin d’être symétriques, dans leurs emplois et leurs sens, ce qui révèle toute une idéologie qui ne met pas sur le même pied l’homme et la femme.
La maternité a un sens littéral : le fait d’être mère, d’avoir un enfant (pour un femme bien sûr). Et c’est aussi le nom de l’établissement spécialisé ou du service, au sein d’un hôpital, d’une clinique, spécialisé dans les accouchements.
Paternité a, lui aussi, un sens littéral : le fait d’être père. Mais il en a un autre : il désigne le fait d’être l’auteur de que chose, notamment d’une production intellectuelle : un livre, un film, un mot d’esprit, une idée : « A qui attribuer la paternité de tel article, dans le dictionnaire ? A Pierre Larousse lui-même, ou à l’un de ses collaborateurs ? »
En ce qui concerne le mot paternel, il n’a guère qu’un sens littéral (si l’on excepte l’usage familier et désuet : mon paternel = mon père).
Maternel a beaucoup plus d’usages : l’instinct maternel (alors qu’on parle fort peu, pratiquement pas, d’instinct paternel), la langue maternelle, première et fondatrice, l’école maternelle, la première école, qui se substitue à la mère…
Quant au verbe paterner, il n’existe pas. Materner, lui existe, avec le sens de choyer, entourer de soins attentifs, et souvent excessifs, pour quelqu’un qui justement n’est plus en âge de se faire à ce point aider par une mère, ou qui que ce soit.




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