POIL

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 6 JUILLET 2001

Ce mot qu’on dit, mais qu’on n’ose pas toujours montrer, surtout l’été où l’on s’épile, a un sens propre évidemment, et de nombreuses utilisations figurées.

Le poil est bien souvent digne de petitesse : « j’ai raté le métro d’un poil » se dira si on l’a raté d’une seconde, d’à peine. Le poil représente donc un tout petit moment, de même qu’il peut représenter un tout petit espace : « Le rocher s’est éboulé. A un poil près, je le prenais sur la tête.

C’est bien sûr assez familier. Pour l’être moins, on parlera de cheveu : « il s’en est fallu d’un cheveu que son plan machiavélique ne réussisse ».

Le poil sert aussi à exprimer ce qui est bien calculé, à la seconde près, ou au millimètre près, au poil près. Ou même plus fort encore : au quart de poil…
Et par extension, au poil, signifie parfaitement. « Ça se passe bien ? - Au poil, au petit poil ! »
Pourtant, le poil a d’autres usages, plus psychologiques. Le poil exprime l’humeur, par exemple : « je suis de bon poil, de mauvais poil ».

Comme il pousse selon une certaine inclinaison, il faut la respecter : « prendre quelqu’un à rebrousse poil » n’est pas adroit. En revanche, il peut être plus habile de le « caresser dans le sens du poil », quoique l’expression soit péjorative : elle porte une idée de basse flatterie, de flagornerie, d'obséquiosité.
Et « ça me hérisse le poil » veut dire « je ne supporte pas cela ».



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