GUEULE

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 26 JUILLET 2001

Une maison, un chapeau, un roman qui ont de la gueule… C’est qu’ils ont fière allure, qu’ils en imposent un peu, qu’on les remarque, voire qu’on les admire… Ils épatent un peu…
On voit bien que ce mot de gueule est familier. Il est d’ailleurs parfois vulgaire, mais pas toujours. Et d’ailleurs, familier, l’est-il à tous les coups ? Non, pas quand il est pris dans son sens propre : la gueule est la bouche de certains animaux : le chien, le loup. Et l’expression se jeter dans la gueule du loup, pour signifier qu’on court au-devant d’un danger est donc parfaitement correcte. Mais la gueule s’applique souvent à l’homme.

Notamment dans le vocabulaire gastronomique. Une fine gueule est un gourmet (un peu familier). Il est de la gueule signifie à peu près la même chose, et l’est nettement plus. Quand au mot gueuleton, qui désigne un bon repas, il dérive évidemment de là, lui aussi. (avec le verbe gueuletonner).

Mais la gueule est également liée à la parole : une grande gueule est quelqu’un qui a le verbe haut, parle fort, veut toujours se faire entendre, et surtout, rouspète facilement. La gueulante, ou le coup de gueule sont la manifestation bruyante d’une colère de celui qui exprime son mécontentement à l’égard de quelqu’un d’autre : il l’engueule.. Mais attention, l’engueulade a un côté beaucoup plus réciproque : le patron engueule son employé, mais les deux associés s’engueulent.

Et si l’on passe des mots aux gestes, on peut casser la gueule à quelqu’un. Un cran est franchi dans la vulgarité, mais la phrase dit bien ce qu’elle veut dire.


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