SYNDROME

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 2 AOUT

Syndrome de la guerre du Golfe… On en a beaucoup parlé … Est-ce une nouvelle maladie ? C’est en tout cas un mal qui semble avoir atteint certains combattants de la guerre du golfe, et dont l’apparition aurait été déclenchée par certaines armes utilisées lors de ce conflit. Enfin… tout cela doit être sérieusement étudié et prouvé… Mais, on parlera de syndrome s’il y a maladie spécifique et reconnaissable. Car c’est ça le syndrome : le fait qu’on puisse reconnaître et identifier. Non pas le mal lui-même, mais le fait qu’un bouquet de signes le signale et le fasse reconnaître. Au départ, syndrome veut simplement dire réunion et désigne donc une association de symptômes. Par extension bien sûr, le mot peut être usité à la place de maladie : on pourrait parler de maladie de la guerre du Golfe. Mais le mot syndrome a un caractère à la fois plus moderne et plus à la mode. Comme si les maux du siècle s’exprimaient par syndromes. On ne parlerait pas de la peste bubonique, syndrome médiéval. Mais on peut parler des effets du stress, syndrome de l’homme d’aujourd’hui. Ou même du téléphone portable, syndrome de la femme moderne. C’est donc plus qu’un simple signe distinctif, un attribut obligé : le syndrome implique le plus souvent quelque chose d’actif : une manière d’être, une attitude un peu posée, mais presque inévitable.

Le symptôme, lui est resté plus près du signe, moins dynamique. Dérivé du grec, il est emprunté au latin et apparaît dès le départ dans le vocabulaire médical (vers les 16ème-17ème ? Rabelais emploie « symptomates ».). Le symptôme est le signe du mal, la manifestation extérieure de la maladie interne, la face apparente. Le mot ne saurait donc être vraiment synonyme de maladie, bien que le symptôme participe du mal, en soit l’une des facettes. Il est là pour révéler, comme l’indice qui met sur la piste. Et l’on doit se garder de prendre le symptôme pour la maladie, et surtout de soigner le symptôme comme si c’était la cause du mal, alors que ce n’en est que l’effet visible. La paralysie est l’effet de l’hystérie, non l’hystérie elle-même, le bégaiement, un symptôme névrotique, et non la névrose.

L’adjectif symptomatique est assez usuel dans le sens de significatif. Alors qu’asymptomatique reste d’un usage bien spécialisé.


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