PARADOXE

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 3 AOUT

Le mot de paradoxe est souvent utilisé, alors qu’il est en fait assez difficile à comprendre. Mais pour le comprendre, on peut s’aider d’un texte célèbre de Denis Diderot : le paradoxe du comédien. Alors qu’est-ce que ce titre indique ? Que le comédien, pour bien jouer les émotions ne doit nullement les éprouver au moment où il est sur scène ; que l’art, et l’art dramatique en particulier, représente du réel, mais n’est pas le réel ; que la représentation de la vie n’a d’intérêt que si elle est consciente de n’être pas la vie.

Pourquoi tout cela tient-il du paradoxe ? Parce qu’on pourrait penser que plus un comédien ressent ce qu’il exprime, plus il est émouvant. Cette opinion a le sens commun. Et pourtant elle est fausse, et son contraire est vrai, bien qu’il ne le paraisse pas.

Le mot paradoxe, qui vient d’un mot latin construit sur un modèle grec, apparaît au départ chez Cicéron. Passé en français, il a parfois signifié opinion absurde et fausse, contraire à l’opinion commune. Mais en français moderne, il n’a plus que le seul suivant : il énonce une vérité qui paraît fausse, ou absurde. Et les paradoxes changent selon l’histoire : dire que la terre est ronde est aujourd’hui une vérité commune. Au 16ème s., c’était un paradoxe provocant. Souvenons-nous de Bachelard et de sa théorie de la vérité de bon sens opposée à la vérité scientifique : le chercheur ne doit pas avoir peur du paradoxe.

Attention, le mot se trouve parfois avec des significations un peu particulières : les paradoxes logiques ou mathématiques (raisonnements vrais mais qui paraissent absurdes, ou raisonnement contradictoire dans les termes : Un homme qui ment toujours déclare : « je mens ».)

On appelle aussi paradoxes des aphorismes, phrases un peu sentencieuses qui suscitent l’étonnement, font qu’on se dit tout soudain : comme c’est profondément vrai – alors que c’est apparemment faux ou idiot :
Le problème avec l’âge, ce n’est pas qu’on devient vieux ; c’est qu’on reste jeune.
De toutes les perversions sexuelles, la plus incompréhensible est certainement la chasteté.
Le café, qui fait dormir quand on n’en prend pas.
Le sucre, qui donne un goût amer au café quand on oublie d’en mettre…


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