CRAQUER

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 23 AOUT 2001

« Chérie, j’ai craqué ! » Qu’est-ce que ça veut dire ? Oh bien des choses en somme… Vous pouvez dire ça à votre femme si, après 8 jours raisonnables, vous avez enfin acheté le beau panama qui vous faisait envie, ou les chaussettes à pois qui avaient l’air si seyantes dans la vitrine du « Pied d’argent », le roi de la chaussette fantaisie…
Ou bien « j’ai craqué » peut vouloir dire que vous avez enfin embrassé sur la bouche la charmante Daisy-Belle (la fille la plus bruyante du quartier), après vous en être empêché pendant quinze jours.
« J’ai craqué », c’est-à-dire « ça y est, je me suis laissé allé à ma pente naturelle, j’ai outrepassé la censure et l’interdit. Comme si cette transgression faisait « crac ! ».

Mais ce sens de « craquer » est loin d’être le premier. Le mot est d’origine germanique et sa structure est, bien sûr, onomatopéique. C’est-à-dire que le mot « sonne ». Il évoque un bruit, au premier chef, le bruit sec d’une cassure.
Du bois mort, on passe facilement au tissu : un pantalon trop petit, un peu usé… si on s’assoit sans y prendre garde… gare … il pourrait bien craquer.
Et du tissu, on passe à l’humain, notamment au psychologique et à la maîtrise nerveuse.

« Craquer », c’est ne plus se contrôler. « Le ministre a craqué » (dépression nerveuse ? Trop de responsabilités ?) ou « l’accusé a craqué » (il a fini par avouer, sous la pression des questions du Commissaire). Et c’est, bien sûr, à partir de ce dernier sens qu’on a glissé vers celui qu’on évoquait au début : ne plus interdire, ne plus censurer. C’est d’ailleurs parfois utilisé pour dire qu’on n’arrive pas à respecter une règle, ou une contrainte : « j’ai arrêté les fraises, pendant une semaine, et puis j’ai craqué »…



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