GARE

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 24 AOUT 2001

Comme c’est les vacances, (encore pour certains), on pense aux trains : on les prend, on les rate, on les attend…c’est ça les vacances… Et quand on pense aux trains, on pense aux gares. Gare ? drôle de mot, qui désigne l’endroit où les trains s’arrêtent, mais qui sert aussi d’interjection : « Gare ! »

C’est une mise en garde, qui signifie « Attention, prenez garde ! »
Et ce terme, au départ, prévenant vire bien vite à la menace : « gare à toi, gare à vous ! »… Mais, ce basculement tient plus au sens qu’au mot : c’est la même chose avec l’expression « prends garde ! »

Autre équivoque : la mise en garde peut signaler le danger à éviter : gare au verglas, à l’orage, au gorille. Ou bien, elle peut pointer ceux qui se mettent en danger. « Cette nuit, il y aura du brouillard : gare aux imprudents ».

Du point de vue de la construction, « gare » se construit essentiellement avec une préposition : « gare betteraves glissantes », « gare à tes fesses », « gare à toi ». Mais jadis, on n’utilisait pas la préposition : « gare la tempête ». Et c’est aussi un usage ancien qui nous reste dans l’expression « sans crier gare » sans qu’on s’y attende, inopinément. Il est arrivé sans crier gare. Ce qui nous incline à penser que « gare » était une interjection courante pour prévenir d’un danger. « Gare dessous », disait-on dans la marine, lorsque, perché en haut d’un mât, on laissait tomber un cordage.



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