MEDUSE

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 27 AOUT 2001

Suis-je sidéré ? Suis-je stupéfait ? Mieux que ça : « je suis médusé… depuis que Suzette m’en préfère un autre » (car l’humilité me fait singulièrement défaut).

Mais quand je vous dis que « je suis médusé », ce n’est pas au sens figuré. Au sens propre, et en référence à la mythologie grecque, « être médusé » revient à être mort, mort d’avoir vu la méduse. La Méduse ? oui, cette tête énorme, entourée d’une masse de serpents qui sifflent, avec des yeux exorbités et des défenses d’éléphant qui entourent une langue pendante, qui s’agrémente de mains de bronze et d’ailes d’or… Devant un tel spectacle, on était aisément changé en pierre. C'est l’effet que faisait, d’après la légende, la Méduse à ceux qui la regardaient. Et pourtant, au départ, Méduse était une nymphe charmante, qui avait une merveilleuse chevelure. Athéna en avait été jalouse, elle avait changé ses beaux cheveux en autant de vipères.
Méduse, donc, s’était réfugiée dans l’eau, et pétrifiait tous ceux qui croisaient son regard. Jusqu’au jour où… car comme dans toute bonne mythologie, ça doit s’arrêter un jour… Persée, un héros (au regard doux, si si…) était parvenu à l’approcher durant son sommeil. Sans la regarder, en se servant de son bouclier comme d’un rétroviseur, il s’était approché tout près tout près, et soudain, d’un coup, crrrac, un bon coup d’épée : il lui avait coupé la tête.
Aujourd’hui, lorsqu’on ne veut pas aller si loin, au lieu de rester médusé, on reste « baba ».




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