BANQUETTE, BANDE CHANTANTE, GENDARME COUCHÉ

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 4 SEPTEMBRE 2001

Modifications de la voirie et de la circulation parisienne : multiplication des banquettes.
Qu’est-ce que c’est ? Des « lignes jaunes » améliorées. Oui ! Des éléments qui séparent les couloirs réservés aux voitures particulières des couloirs prévus pour les « transports en commun » – ce qu’on appelle parfois les transports (Je suis venu en transports… sous-entendu en commun…).

Est-ce que c’est nouveau ? C’est plus haut. Et l’interdiction se double d’une impossibilité. Avant, il y avait une ligne tracée. Et les « lignes continues » se devaient d’être comme des murs que les voitures au grand jamais ne devaient franchir. Les « lignes discontinues », on pouvait, si ce n’était pas dangereux. Les « lignes continues »… mon Dieu. Il y a longtemps, ces lignes étaient jaunes. C’est la couleur qui est restée dans l’imaginaire linguistique. Une « ligne jaune », même de façon imagée, c’est un interdit. Le flirt, d’accord, mais attention, il y a une ligne jaune à ne pas franchir.

Les lignes sont maintenant blanches, pour correspondre à des normes nationales ou européennes, mais on ne parle jamais de ligne blanche. Et l’expression « ligne continue » est assez administrative : c’est celle du Code de la route, ou du gendarme qui vous dresse un procès-verbal.

Mais l’automobiliste, et notamment le Parisien, est indiscipliné. L’interdit symbolique ne suffisait pas : place donc à la banquette, ce gonflement vaguement cylindrique qui empêche vraiment une voiture de passer d’une file à une autre. Pourquoi une banquette ? Mon Dieu, parce que c’est long, et vaguement rembourré…

Mais on a aussi les « bandes chantantes », ces bandes qui, lorsqu’on roule dessus, émettent un bruit plus ou moins mélodieux qui doit avertir le conducteur qu’il s’écarte du droit chemin. Mais c’est plus pour l’informer que pour le sanctionner ou le sermonner.

Et enfin le « gendarme couché », charmante métaphore, qui désigne des genres de banquettes –et même parfois presque des dos d’ânes- placées en travers de la route pour ralentir les voitures. Vous prenez trop vite un « gendarme couché », et c’en est fait de vos amortisseurs.




Go à la page principale d'archives