ORDINAIRE

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 03 OCTOBRE 2001


« Procès de la corruption ordinaire » C’est ainsi qu’on appelle le procès qui s’ouvrait avant-hier devant le Tribunal correctionnel de Versailles, pour juger « l’affaire du Conseil général des Yvelines ».

Pour reprendre le résumé du quotidien Libération, qui titrait sur cette corruption ordinaire, des entreprises privées bénéficiant de marchés publics remerciaient les élus par des invitations au restaurant, des voyages, des travaux.

Pourquoi corruption ordinaire ? L’adjectif a un sens précis : ça renvoie à une pratique qu’on trouve scandaleuse, qu’on dénonce haut et fort. Mais bien souvent, on est le seul à dénoncer : la pratique est tellement courante , tellement habituelle, si entrée dans le mœurs, que personne ne semble plus s’en émouvoir. Elle passe pour quelque chose de normal, en tout cas de toléré : c’est la corruption ordinaire.

Ce sens tire son origine de deux expressions différentes : le racisme ordinaire et le sexisme ordinaire, qui avaient donné matière à des chroniques, notamment dans la revue les Temps Modernes : chroniques du sexisme ordinaire, et du racisme ordinaire, celui qui sans agressivité ostentatoire se révèle dans les comportements quotidiens, celui qu’on a tendance à considérer comme « innocent », tant il peut passer inaperçu.



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