TALIBAN

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 25 OCTOBRE 2001

On entend beaucoup, en ce moment, parler de taliban – ceux qui sont actuellement au pouvoir à Kaboul… ou ailleurs, à Kandahar, par exemple.

Taliban, est-ce un mot français ?
Au départ, c’est pachtoune… alors que le pachtoune n’est que l’une des langues parlées en Afghanistan. Mais c’est la langue du pouvoir en place, pour le moment.

Taliban veut dire au départ étudiant. Et en effet, il s’agit d’étudiants en théologie, ou d’anciens étudiants en théologie, ou de soi-disant étudiants en théologie… sur lesquels s’est appuyé ce pouvoir.

Mais, taliban est-ce un mot français ? C’est un mot utilisé en français, en tout cas, qui a encore un accent étranger notable : on voit bien, on entend bien que le mot n’est pas d’origine française, mais que c’est un emprunt à une langue qui peut sembler lointaine.
On l’entend bien, mais on pourrait l’entendre plus : en effet, le mot ne présente pas de sonorités particulièrement rebelles au français, il s’adapte parfaitement, avec une succession consonne/voyelle parfaitement acceptable en français. Le phonème final, « an », est même particulièrement francophone. Et c’est un hasard. Parce qu’en pachtoune, taliban est un pluriel, le pluriel de talib. Un talib, des taliban.

Mais le mot est francisé à tel point qu’on l’entend au féminin, avec une féminisation purement fantaisiste, à la française : talibane : la politique talibane, les forces talibanes. Et ça, par rapport à l’origine du mot, c’est tout à fait fantaisiste. Mais, c’est ce qu’on entend en ce moment.



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