LE FAIT RELIGIEUX

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 23 NOVEMBRE 2001

Lionel Jospin, récemment, s’est déclaré sensible au « fait religieux ». Formulation intéressante et assez révélatrice de la part de quelqu’un qui est très engagé dans la laïcité : Lionel Jospin ne fait pas mystère du fait qu’il n’a pas de pratique religieuse…

Alors l’expression « fait religieux » est assez vague, abstraite, prudente et pratique.
Elle permet d’abord de mettre cette religion à distance : la formule n’a rien de religieux ; elle est bien différente de tout vocabulaire sacré, et reconnaît la religion dans toute sa réalité concrète : c’est le contraire du mystère de la religion, des mystères de la foi. C’est le signe d’un regard scientifique, qui admet ce qui existe. Il ne s’agit donc pas de reconnaître l’existence de Dieu, mais celle de ceux qui la reconnaissent.

C’est en même temps la marque d’un certain respect, d’une tolérance digne. On se défend en tout cas de juger.
Et ce qui est marquant, c’est le caractère globalisant de l’expression. Notons son singulier : le fait, et pas les faits. Mais, le fait tout entier – la religion et toutes les manifestations qu’elle génère, les opinions qu’elle suscite, les sentiments qui sont à l’œuvre : foi, espérance ou charité… mais aussi bien, prosélytisme ou même intolérance…



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