SIEGE

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 26 NOVEMBRE 2001

« Prends un siège Cinna »… Début du discours d’Auguste à Cinna dans la célèbre pièce de Corneille. Pourquoi « prends un siège » ? Parce qu’il l’invite à s’asseoir. Et que c’est à ça que servent les sièges…
Enfin pas toujours.

Le mot « siège » dérive du latin sedem qui avait deux sens principaux : meuble où l’on s’asseoit, et endroit où l’on demeure…
Le mot français a hérité des deux sens. Et du deuxième procède l’extension qui fait du siège un lieu, ou une ville où réside une autorité, un gouvernement. Le Saint Siège, par exemple, est le lieu de résidence du Pape, l’assise de son pouvoir.

De même, on parle du siège d’un tribunal, ou d’un parlement. Et dans une langue administrative, le siège est le lieu où une société possède son adresse officielle, qui est censé d’ailleurs être le premier, d’où tous les autres ont procédé.

Quant au verbe « siéger », il ne se rapporte jamais au premier sens de meuble, (ce n’est pas un synonyme d’être assis), mais toujours au second..
Il faut enfin parler d’un troisième sens important : le siège d’une ville, c’est l’ensemble des opérations d’une armée qui cherche à s’emparer d’une ville qui se défend, et se referme sur elle-même pour éviter d’être prise, investie, envahie. On en fait donc le siège, c’est à dire qu’on l’entoure, qu’on l’isole, et que bien souvent, on cherche à l’affamer, pour qu’elle finisse par se rendre. On en fait le siège, ou on l’assiège, puisque les deux expressions existent.



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