FIN COMME, GRAS COMME COMPARAISONS ET RAISONS

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 18 DECEMBRE 2001

Emoi à l’usine RizLacroix. Réunion du conseil d’établissement. Le propriétaire (anglais) de l’usine, Imperial Tobacco, aurait-il des vues mauvaises sur le destin de ce fleuron de notre industrie ?…
Pas de panique ; pas d’affolement prématuré : ce n’est pas la fin du papier à cigarettes. Et pourtant le mot de « fin » va bien avec « papier à cigarettes »…

Fin comme du papier à cigarettes. Comparaison figée… = extrêmement fin. En effet, le papier à cigarettes est extrêmement fin. Et la comparaison s’emploie, par exemple, pour de la pâte à tartes. Elle est, en tout cas, plutôt flatteuse.
Ne pas confondre avec cette autre, qui de toute façon est hors d’usage : c’est de la vieille langue : Fin comme une dague de plomb = idiot. Cf. jouer au plus fin…

Maigre comme un coucou. Pourquoi ? Peut-être à cause de l’appétit proverbial de cet oiseau. Toujours affamé, il passe pour toujours maigre. Peut-être à la suite de la plaisanterie à partir d’une autre expression sortie d’usage : ingrat comme un coucou. (Et ingrat = in-gras = maigre).
Maigre comme un coucou a sûrement subi l’influence de maigre comme un clou…

Gras comme un cent de clous. = très maigre. Très intéressant, car maigre comme un clou se comprend. Cent clous sont censés être cent fois plus gros qu’un clou. Mais, comme le clou représente ici la maigreur, un cent de clous est censé être cent fois – ou beaucoup plus maigre qu’un seul clou. C’est la maigreur qui se multiplie .
Gras comme un moine, un chanoine, un chantre
Gras à lard ; gras comme un lard.

Grand comme ça (il a un ego grand comme ça) = très important. Ce n’est pas un sens spatial.

Long comme un jour sans pain. S’emploie parfois dans son sens d’origine = interminable, qui dure… et n’en finit pas. Mais souvent, aujourd’hui, c’est utilisé pour dire très grand, très long. Pour la taille de quelqu’un ou de quelque chose. Locution expressive : le jour sans pain semble long, parce qu’on a faim. Locution plaisante puisqu’elle fait calembour avec un jour sans fin… voire un jour sans faim, dont elle est l’opposé.
Long comme d’ici à Pontoise. Ne s’emploie que pour exprimer le dépit, la consternation ou la mauvaise humeur. Réfection expressive de faire une tête de 6 pieds de long. Qui est déjà une reformulation de faire la tête.

Petit comme…. On n’a rien de consacré. Pourtant on a d’autres expressions pittoresques, mais différentes : pas plus haut que trois pommes, fa dièse, rase-bitume…

Plate comme un limande (et pas une sole) ; comme une galette.. pour une femme.
Plat comme la main : sans intérêt, banal. La comparaison peut être glosée, améliorée, rendue plus pittoresque : plat comme le discours d’un académicien.




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