EXCEPTION CULTURELLE

Par: (pas credité)


PARLER AU QUOTIDIEN DU 19 DECEMBRE 2001

« L’exception culturelle est morte » Déclaration fracassante et provocante de Jean-Marie Messier. On appelle « exception culturelle », le traitement particulier qu’on a tenté d’imposer aux marchandises culturelles. C’est à dessein que je parle de marchandise culturelles. Car la culture, les films, les livres, le théâtre, les concerts se consomment, se vendent, s’achètent, n’échappent pas totalement aux lois commerciales. C’est pourquoi on voulait faire une exception, en ne les traitant pas exactement comme d’autres marchandises, en les protégeant, pour leur sauvegarder leur existence, assurer leur survie… Pour que, par exemple, l’industrie cinématographique américaine n’étouffe pas totalement la production française. Donc pour que les lois qui s’appliquent aux voitures et aux pantalons, ne puissent pas s’appliquer mécaniquement aux productions de l’esprit…

« Exception » est un mot d’origine savante, dont l’étymologie est assez éclairante. Ex capere = tirer hors de, donc sortir du lot commun, mettre de côté. L’exception est donc le cas qui échappe à la règle commune, au lot commun… On dit d’ailleurs : « C’est l’exception qui confirme la règle… » Ce qui signifie « Si telle ou telle chose est considérée comme exceptionnelle, c’est bien qu’il y a une règle –pas absolue, certes– mais une règle générale à laquelle échappe parfois un cas ». La règle souffre donc des exceptions – là aussi, c’est la façon consacrée de s’exprimer… Souffre, c’est à dire supporte, accepte…

L’« exceptionnel » est donc extraordinaire. Et le mot se trouve parfois pour désigner des institutions extraordinaires : tribunal d’exception, juridiction d’exception…
Quant à « excepté », c’est une préposition qui, en gros, est synonyme de « sauf », bien qu’elle soit plus rare, et qu’elle est un côté plus administratif : « tout le monde est invité, excepté ceux qui portent des chapeaux rouges, sur lesquels ils ont planté des jonquilles »… C’est, au départ, le participe passé du verbe excepter, mais il n’est plus senti comme ça, et ce verbe est d’un emploi plutôt rare : « j’excepte de mes amis ceux qui mettent des jonquilles à leur chapeau, lorsque celui-ci est rouge… Ça se peut dire, mais ça se dit peu…




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