GANGSTERS

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

Le titre d’un film d’Olivier Marchal qui sort aujourd’hui sur les écrans français.
Un mot anglais bien adapté qui existe, en France, depuis les années 20. Il est normal, d’ailleurs, de le trouver dans un titre de film, car c’est surtout par le cinéma qu’il s’est introduit. Les films de « gangsters » sont, en effet, un genre majeur du cinéma. Et notamment, du cinéma américain.

Le mot « gangster » lui-même est plus ancien en anglais qu’en français, ce qui est logique. Il apparaît vers la fin du XIXème siècle, et il est composé à partir du mot « gang », qui signifie une bande, un groupe, souvent pris en mauvaise part, c’est-à-dire pour désigner une bande dont les intentions sont douteuses.
« Gang » existe d’ailleurs en français, quoique moins usité. Pourtant, le mot est quand même productif : on a la brigade « antigang ».
Quant à « –ster » c’est un suffixe ordinaire en anglais. D’ailleurs, l’anglais possède également le mot mobster, qui a eu à peu près le même sens, mais n’est nullement passé en français.

Le « gangster » est donc, en français, le malfaiteur à l’américaine, mauvais garçon de Chicago, avec chapeau et sulfateuse (c’est ainsi qu’on dénommait la mitraillette qui faisait pétarader les bas quartiers de la ville).
Le mot a de nombreux synonymes… mais bien sûr, les images qu’ils évoquent sont différentes.
Le « malfaiteur » dont on vient de parler, c’est simplement celui qui « fait mal », ou qui fait le mal… Le mot parle de lui-même, lorsqu’on le décompose. Il est un peu désuet aujourd’hui, mais il a laissé la déformation « malfrat », tout à fait en usage dans un vocabulaire argotique. Mais, le mot fait plutôt penser aux malfaiteurs « professionnels » qu’aux « délinquants » d’occasion : les « malfrats » sont ceux qui appartiennent au « milieu ». Et quand on dit « le milieu », on sait de quel milieu on parle.

Parmi les autres synonymes, signalons « bandit ». Mais attention : ce n’est pas parce que « gangster » vient de « gang » (la bande), que « bandit » vient de « bande »… En tout cas, pas directement… Le « bandit » est, au départ, le proscrit (bandire en italien, c’est proscrire…). Le mot est ancien, peu employé, mais il a quand même donné banditisme, mot actuel : on parle du grand banditisme… (Cf. la phrase bien connue des feuilletons télévisés : « il est fiché au grand banditisme, commissaire… »).
Plus vieux encore, et là on est carrément chez Cartouche et les « bandits » de grand chemin du XVIIIème siècle, on a les « brigands »… Ça vient de l’italien comme « bandit ». Et de « briga » : la compagnie, la troupe… Comme les associations sont toujours louches, et en être membre, souvent suspect…


Coproduction du CNDP, (Centre National de Documentation Pédagogique).


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