GROS-PLAN

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

Les rubriques de la presse empruntent souvent – et de plus en plus, semble-t-il, aux images de la photo. Gros-plan, par exemple, qui est entre autres le nom d’un magazine de RFI, est un terme qui désigne un cadrage. Il se différencie du plan moyen, du plan général, de ce plan qu’on appelle « américain » et qui montre un personnage jusqu’à mi-cuisses (dans les westerns, on était censé voir les pistolets, et la main qui s’en saisissait). Un gros plan désigne donc un portrait serré, un détail…

Mais l’image n’est pas dynamique. Et d’autres expressions renvoient à un mouvement : allons vers le gros-plan, rapprochons-nous du sujet, cadrons le détail… Ce mouvement, est celui du zoom. Voici un mot technique de la photo, mais assez largement répandu. A l’origine, le mot ne vient pas de l’image, mais de l’aviation. Il apparaît pendant la Première guerre mondiale, à propos des premiers bombardements en piqué.
Et zoom désigne, par onomatopée, le bourdonnement de l’avion (qui pique)… Le mot aujourd’hui désigne un effet de rapprochement soudain, opéré par une variation de la focale de l’objectif. Le mot plaît par son côté court et sa sonorité expressive…. L’expression typiquement française recommandée pour remplacer zoom est « focale variable ». Mais, je ne l’ai jamais entendue… et, en tout cas, il est certain qu’elle n’est jamais employée au sens figuré. Pourtant, le mot focal(e) connaît un certain succès, notamment dans sa version anglaise, plus proche de l’origine latine, focus.

Quant à grand angle, c’est une expression qui évoque une image inverse : ça fait penser au plan large, dans la mesure où le grand angle est une possibilité photographique d’embrasser avec son objectif un plan plus large que ce que l’œil humain peut voir.



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