PYROMANES ET INCENDIAIRES

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

Le feu à la gare… Saint-Lazare en flammes… Au feu, les pompiers !…
Alors incendiaires ou pyromanes ? Incendiaires semble-t-il. Enfin, il faut le dire avec toutes les précautions d’usage. Mais ces feux semblent bien résulter d’actes de malveillance intentionnelle. Des criminels ont peut-être mis le feu. Des criminels, donc des incendiaires… c’est ainsi qu’on appelle ceux qui mettent le feu, délibérément, méchamment, cyniquement. Et pas des pyromanes alors… Ben pas exactement. Le pyromane n’obéit pas aux mêmes motifs, Il est plus proche du malade, en tout cas, il cède à une compulsion , une fascination qui lui fait mettre le feu. Agit-il malgré lui… Ce serait beaucoup dire, mais quand même , il ne met pas le feu par intérêt, ni par désir de vengeance, plutôt par passion.. Et le suffixe –mane exprime bien cette attirance. On le retrouve en effet dans des mots tels que mythomane – celui qui invente des histoires, et ne peut d’empêcher de tisser une réalité inventée ; le kleptomane, qui, sans esprit de lucre, ni appât du gain, dérobe ce qui passe à sa portée.
Le suffixe mane dérive de manie, mot dérivé du grec, et qui évoque la folie, la fureur et la passion.
Ceci dit, même si ce suffixe sert à fabriquer des mots relativement savants, son écho n’est pas toujours le même. Parfois, il n’évoque rien qu’un goût prononcé pour une certaine pratique : le mélomane par exemple est un fou de musique… et on sous-entend en général que c’est un connaisseur. Mane d’une certaine façon occupe une position intermédiaire entre phile (qui aime bien… sans plus…) et âtre, qui adore…
Mais le suffixe mane sert donc aussi à exprimer d’autres significations : étheromane : non seulement qui aime l’éther, mais intoxiqué à l’éther. Alors que l’érotomane est fort préoccupé par les plaisirs de la chair.
Et que la glossomanie consiste à ne pouvoir de s’empêcher de parler, comme la graphomanie consiste à ne pouvoir s’arrêter d’écrire.



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