RIC-RAC

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

L’ouverture prochaine de la campagne électorale pour l’élection présidentielle fait que les sondages et les impressions se multiplient. Sans être décisifs d’ailleurs. On donne en tout cas des intentions de vote très égales pour les deux candidats : « 50% pour chacun ».
Ric rac, ric et rac, ric à rac… L’expression est comprise avec le sens de « ça se vaut », « ils se tiennent »...

On comprend facilement comment on en arrive là : l’homophonie relative joue dans ce sens. Les deux syllabes se ressemblent, sont presque semblables… Comme le poids électoral des deux candidats au deuxième tour qu’on projette dans son imagination.
Pourtant, ce sens est récent, alors que l’expressions est ancienne (XVème siècle).
Elle s’explique par une idée de petitesse : ric est à mettre en rapport avec riquiqui, tout petit. Ric rac évoque donc d’abord l’idée d’une toute petite quantité, ou d’une toute petite longueur.
Et on l’emploie le plus souvent dans le sens de « de justesse ». « Il a eu son examen avec 10,01 de moyenne… Il a réussi, mais c’était ric rac… » tout juste, de peu.
Si l’on comprend ric, on comprend également rac, comme si le candidat s’était raccroché aux branches, in extremis.

Revenons à notre premier exemple. Chirac et Jospin semblent être à 50 chacun. On entend dire parfois qu’ils sont à 50-50. Dit-on également qu’ils sont à fifty fifty ? Non ! cette expression familière ne s’emploierait pas dans ce sens-là. Pourtant, c’est la signification littérale de cette expression empruntée à l’anglais. Mais elle est employée dans d’autres contextes : au restaurant, vous déjeunez avec un ami… Au moment de payer l’addition, on fait fifty fifty : on paye chacun la moitié, chacun sa part, chacun son écot. On dit d’ailleurs en français, moitié-moitié, de façon tout à fait semblable. Et même de façon familière et récente, « on fait moit-moit. »



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