POPULISME

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

Populisme : un mot qu’on entend beaucoup en ce moment, en particulier à la suite des quelques succès électoraux des extrêmes-droites européennes. Ce mot est péjoratif : ceux qu’on accuse de populisme ne revendiqueront jamais de l’être. Alors qu’est-ce que le populisme ? C’est une certaine forme de démagogie politique, une façon de caresser l’électeur dans le sens du poil, en le montant contre quelque chose ou quelqu’un… ou quelques-uns. On désigne des responsables, on attise les haines, on montre du doigt des boucs émissaires, et on mobilise des gens, sur des thèmes d’exclusion et souvent de haine, pour leur dire qu’ils sont exploités, utilisés, qu’ils ont quelque chose à réclamer, à revendiquer, qu’on leur doit quelque chose, qu’ils ont une revanche à prendre…

De plus, ce langage de tribun fait également appel au culte de la personnalité : un personnage fort, au langage simplificateur, qui prétend ne pas avoir de langue de bois, et dire ce qu’il pense, et ce que personne n’ose dire – c’est toujours les mêmes arguments – se pose en champion de ces opprimés…

Alors, le populisme est très souvent un discours qui a servi à mettre en place les pouvoirs fascistes, ou à essayer de les mettre en place. C’était le cas, par exemple, du poujadisme des années 50, ce parti des boutiquiers, qui n’est pas arrivé au pouvoir… Ou même du boulangisme, à la fin du XIXème siècle.
Chose très étonnante : certains dictionnaires contemporains ne font pas état de ce sens du mot populisme, pourtant très répandu, et se bornent à enregistrer le sens littéraire du mot : dans les années 20-30 (du XXème siècle), on appelait populisme une tendance romanesque qui s’efforçait de dépeindre, de façon réaliste, la vie des gens humbles…

Mais, ce mot de populisme a eu des sens politiques ailleurs qu’en France : les populistes russes à partir de 1870, à la suite de l’abolition du servage et les populistes américains, avec le Populist Party, de 1891 à 1912….



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