FRANCILIEN

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

Le mot n’est pas très ancien, relativement à la mode, et qualifie ce qui a un rapport à la région d’Ile-de-France : ou bien ses habitants (c’est le « gentilé » d’Ile-de-France) ou bien ce qui se rapporte à la région - climat, population, transport.

Bien qu’à la mode, on vient de le dire, le mot est encore dans une sorte de zone intermédiaire : par exemple, il ne figure pas dans le dictionnaire Robert (en tant qu’entrée dans le Robert des noms communs). Mais, en revanche, il est utilisé dans le Robert des noms propres : le nom des habitants d’Ile-de-France est mentionné, et l’adjectif se retrouve plus tard dans l’article, lorsqu’il est question, par exemple, des deux aéroports franciliens.

Le mot Ile-de-France est très ancien… Mais l’entité administrative, la région, est récente. L’invention de l’adjectif correspond donc à ce besoin de nommer les habitants d’une nouvelle région.
Pourtant, le succès du mot ne s’explique pas seulement par un besoin administratif : le mot est positif.

Et il faut se rappeler ce qu’on disait avant qu’il existe : on parlait de banlieusard, pour les habitants des banlieues. Ce mot-là est en perte de vitesse. Très utilisé après la guerre, il désignait surtout les banlieusards en opposition aux Parisiens, mais en relation à Paris : les banlieusards étaient essentiellement ceux qui habitaient la banlieue et travaillaient à Paris – ils le sont d’ailleurs toujours…

Mais la banlieue a eu mauvaise presse, ces dernières années. Et un certain nombre de mots, comme cité ou quartier, ont cristallisé les problèmes économiques et sociaux de notre époque. On peut remarquer que le terme « francilien » échappe totalement à la stigmatisation : il est à la fois moderne et un peu petit bourgeois… en tout cas, très « comme il faut ».
Mais il reste très administratif. Il désigne une appartenance géographique : la région parisienne, à l’exclusion de Paris. Si, bien sûr, un démographe parle des Franciliens, il s’agit de l’ensemble des habitants de la région, Paris compris (environ 11 millions). Mais si l’on parle des transports franciliens, on entend par là les transports de banlieue en banlieue, ou de banlieue vers Paris. Appartenance géographique donc, mais pas origine : on peut dire « je suis d’origine picarde ou bretonne »… On ne dira jamais « je suis d’origine francilienne ».



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