CERVEAU

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

Un cerveau d’Al Qaïda arrêté par les autorités américaines. C’est ainsi que certains journaux français ont rendu compte de l’arrestation, il y a quelques jours de Ramzi Ben Al Shaïda au Pakistan. Et dire de lui qu’il est un cerveau, c’est envisager qu’il fait partie de l’Etat-major de l’organisation terroriste, qu’il est un de ceux qui élaborent et mettent en œuvre sa stratégie.
Le mot cerveau dans cet emploi n’est pas récent : on peut presque le dater et remonter alors au milieu des années 60, à la fameuse attaque du train postal en Angleterre. Le fait divers avait marqué l’époque : une bande organisée avait réussi, avec une précision toute militaire a arrêté et dévalisé un train qui convoyait une énorme somme d’argent. L’attaque avait été minutieusement préparée et exécutée. Après, il faut bien dire que les choses s’étaient gâtées, et la plupart des malfaiteurs s’étaient fait prendre assez vite. Mais le chef de la bande n’avait pas été repéré tout de suite, et les journaux l’avaient appelé « le cerveau ». Ce qui renvoie à l’idée d’une intelligence calculatrice, froide, et qui ne se mêle pas d’exécution.
Mais le mot renvoie parfois à une simple idée d’intelligence scientifique : on a parlé de fuite des cerveaux quand les chercheurs désertaient certains pays pour être accueillis dans d’autres, où on leur offrait de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.
Et ne confondons pas le cerveau avec la cervelle. Au figuré, cette dernière, au lieu d’évoquer l’intelligence, évoque toujours l’étourderie ou la sottise : tu n’as pas de cervelle… cervelle d’oiseau, de linotte. Quant à se brûler la cervelle, c’est ce qu’on ne fait qu’à la dernière extrémité.



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