FREE

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

Nicolas Sarkozy a rencontré hier des organisateurs de « free parties » clandestines. Pourquoi ? Est-ce pour les rendre moins clandestines ? Et d’abord, qu’est-ce qu’une free party ? Sous ce vocable anglais, on devine des rassemblements de jeunes gens, autour de la musique, voire de la danse. Rave ? D’une certaine façon on pourrait rapprocher les deux termes, et évoquer des réunions dont le lieu et les moyens de s’y rendre ne sont divulgués qu’au dernier moment, à tous ceux qui souhaitent s’y rendre et qui savent se connecter à ces réseaux d’information.
Ces fêtes décadentes doivent faire l’objet d’une déclaration, puis d’une autorisation. Mais voilà, ces free parties, si elles sont déclarées et autorisées, seront-elles aussi « free », c’est-à-dire aussi libres ? Il s’agit de trouver un compromis.
Free est donc un adjectif anglais, qui signifie libre, et qu’on trouve dans un certains nombre d’anglicismes plus ou moins utilisés en français.
Free jazz, par exemple, qui apparaît au milieu des années 60, grâce à des artistes comme John Coltrane, Ornette Coleman ou Cecil Taylor dont la musique s’affranchit de certaines contraintes harmoniques et de la tradition de broderie à partir d’un thème. L’improvisation est donc plus libre et plus risquée. Le mot de free jazz existe en anglais bien que dans cette langue, on dise bien autre chose, de la « new thing » à la « free music ».
Dans les années 50, on s’est mis à parler de freelance, ce qui signifie littéralement franc tireur. Il s’agissait au départ de soldats anglais, sorte de mercenaires qui louaient leur courage, leur savoir-faire et leurs armes (leur lance) à qui les payait le mieux. Aujourd’hui, le mot s’applique à des professions dites créatives, non pas libérales mais dans lesquelles on n’est pas employé non plus, le journalisme, le stylisme, la photo et ainsi un photographe freelance ne donnera pas l’exclusivité de son travail à une agence ou à un journal, mais sera susceptible de travailler pour tous ceux qui sont susceptibles d’acheter son travail.


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