MOEURS

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

Valérie Faure, suspendue pour 6 mois par le Conseil de l’ordre !… Et sa culpabilité a été retenue pour manquement au principe de l’honneur et des bonnes mœurs. Coupable de quoi, cette avocate ? De jouer de l’accordéon dans les rues, et de laisser sa boîte ouverte pour que les passants mélomanes puissent y lancer leur piécette, s’ils le désirent. Ca pose bien sûr un problème : qu’est- ce que les bonnes mœurs ? Et même, qu’est-ce que les mœurs ?
Le mot est difficile. Pour son orthographe, son genre (féminin), son nombre (pluriel), sa prononciation ; en principe le « s » ne se prononce pas, mais on l’entend souvent, et cette habitude est maintenant un fait de langue courant. D’ailleurs cette prononciation correspond souvent à un sens particulier du mot.
Alors parlons-en, de ces sens du mot. Mœurs, qui dérive du latin « mores », signifie d’abord coutume, façon de vivre.
Le mot est parfois utilisé avec un sens ethnologique. Les mœurs des habitants de contrées éloignées sont souvent différentes : certains mangent avec un couteau et une fourchette, d’autres avec des baguettes etc.
Mais le mot a un autre sens, bien plus moralisateur : on parle souvent de bonnes et de mauvaises mœurs. Et c’est là, le plus souvent qu’on fait entendre le « s ». On sait qu’il a existé une « police des mœurs », et une brigade des mœurs, chargée des problèmes de prostitution. Ce qui fait que le mot a acquis un sens presque toujours réprobateur et moral : celui-ci a des mœurs douteuses, ; celle-ci, des mœurs particulières. Et le mot s’est spécialisé dans le sens de « choix sexuels ». Ce qui est contraire aux bonnes mœurs est donc le plus souvent ce qui est considéré comme pervers.


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