NOEL

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

C’est le mot qui convient aujourd’hui. Tout le monde sais ce que c’est et quel jour ça indique (en fait c’est demain, puisque aujourd’hui, c’est seulement la veille de Noël), mais l’intéressant est l’extraordinaire dérive phonétique qui a amené ce mot à être écrit et prononcé Noël . On dit que ce sont les mots les plus populaires qui sont les plus déformés par l’érosion linguistique. Noël en est un bon exemple, et c’est peut-être le mot populaire par excellence.
Noël vient au départ du mot latin natalis, qu’on employait dans l’expression natalis dies : le jour de naissance – c’est à dire l’anniversaire… Et de nombreuses évolutions successives ont amené ce mot à se prononcer Noël en ancien français, puisqu’on le trouve sous cette forme dès le 12ème siècle. Enfait le t de natal est tombé. Et les deux « a » côte à côte se sont distingués. L’un devenant un « o » ; l’autre un « e » avec un tréma pour noter le fait que les deux voyelles appartiennent à deux syllabes différentes et ne donnent ni une diphtongue (une voyelle doublement prononcé, qui s’infléchit, ni une seule semi-voyelle : c’est No-ël et non pas « Nwel »
Parallèlement, le mot nativitas a donné nativité, mot savant et d’usage ecclésiastique, presque inchangé par rapport à son étymon latin..
Le mot poulaire dans les deux sens du terme est d’ailleurs devenu une exclamation de joie au moyen âge, criée par le peuple, dit-on, aux moments de réjouissance intense.



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