MERDE

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

Merde ! Oh merde !
Mon Dieu, qu’ai-je entendu ? Et dans Parler au quotidien encore ! Mais si nous parlons de ce mot tabou aujourd’hui, c’est qu’il a été mis récemment à l’honneur par un ministre de la République. Il est vrai que le mot est vulgaire. Il l’a toujours été, et il est vieux ! On le trouve en français écrit à partir du 12ème siècle. Avec d’abord un sens concret d’excrément, bien sûr, mais assez vite un sens expressif qui fait qu’on l’a employé comme interjection. Pour signifier la colère, le dépit, l’agressivité. Ou simplement la surprise, la mauvaise surprise en général : j’ai oublié mon carnet, je découvre une contravention sur mon pare-brise, je fais tomber la cafetière, je glisse sur une peau de banane. Merde ! Le mot on l’a dit est vulgaire et pourtant assez courant. A tel point qu’il est souvent passé pour le l’emblème du « gros mot ».

Ce qui explique les nombreux détours qu’on emploie pour l’exprimer sans le dire : Mercredi et on dit ça en tirant sur la première syllabe, les cinq lettres, le mot de Cambronne. Toutes ces expressions sont tout à fait familières pas franchement vulgaires comme le mot qu’elles cherchent à faire passer tout en l’évitant, mais très populaires. Ca fait langue du peuple qui justement aurait un peu peur d’être langue du peuple ; d’avoir son franc-parler.

Alors, la grande question, c’est « pourquoi le mot de Cambronne » ?
Cambronne était un général Napoléonien. Et l’anecdote se passe en 1815, à Waterloo où les Français sont en mauvaise posture. Est-ce que Cambronne a vraiment prononcé le mot ? En tout cas Victor Hugo l’affirme, et c’est ça qui ancre le mot dans l’histoire de France. Que dis-je, dans l’histoire, dans le destin du pays.


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