EMBASTILLE

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

José Bové embastillé ! C’est sous ce titre que quelques organes de presse ont présenté l’arrestation de José Bové il y a quelques jours.
Présentation qui présente un fort effet de sens. D’abord ça met l’accent sur l’emprisonnement, l’incarcération, pas sur l’arrestation ou la mise en examen. On n’accentue donc nullement l’aspect légal de la chose. D plus, embastiller est un mot qui insiste sur l’arbitraire. Car la Bastille est un mot, une image qui incarne la décision d’un seul, et même peut-être le caprice d’une seul, c’est à dire le pouvoir du tyran, du despote. Et le verbe embastiller évoque également l’idée de la mise au secret, d’une incarcération dont on sait pas quand elle se terminera, ni même si elle se terminera. On a donc l’idée des oubliettes. L’image, elle, est un peu différente. Les oubliettes renvoie à la profondeur, à la cave, à un cachot qu’on imagine enfoncé dans la terre. Alors que le Bastille, massive et terrifiante est apparemment imprenable. Pourtant, on sait bien qu’elle a été prise, le 14 juillet 1789, et que depuis elle est devenue le symbole même de la Révolution française.

La Bastille désigne donc au départ cette forteresse prison, dont la construction a été amorcée au 14è s. Elle servait au départ à défendre Paris, et à la fin du 15è s., sous Charles V, elle fut transformée en prison.

Le mot Bastille dérive directement de la bastide, mot français qui nous vient du provençal, qui a renvoyé d’abord à une construction fortifiée, ou une ville fortifiée, pour ne plus désigner parfois qu’une simple cabane.
Et en français contemporain, une bastide, dans le sud de l France, désigne une petite maison de campagne.


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