INCENDIE

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

L’actualité, hélas, continue, après cet été caniculaire et largement embrasé, de parler d’incendies… notamment dans le Midi de la France. Un incendie, tout le monde sait ce que c’est : un grand feu. Incandere étant le verbe latin qui a donné naissance à ce substantif français. Et incendie se rattache donc à la même famille qui nous a donné des mots tels que chandelle ou candélabre… Mais, tout un incendie n’est pas n’importe quel feu. Il s’agit d’abord d’un feu d’importance. Mais aussi d’un feu malheureux, qu’on déplore, qui détruit. Si, par exemple, on décide de brûler un pré pour changer de culture, pour rendre la terre plus fertile, que sais-je encore… on ne parlera pas d’incendie. Un feu de branchages, déclenché à l’initiative d’un agriculteur ne sera pas appelé incendie. L’incendie est toujours désastreux (plus ou moins, bien entendu…).

L’incendie est-il donc toujours involontaire ? Hélas, le cœur de l’homme qui, parfois, s’endurcit nous interdit de répondre oui. On parle d’incendie volontaire pour désigner ce crime ou ce délit qui consiste à allumer un feu délibérément, pour nuire…

C’est l’affaire d’un incendiaire ou d’un pyromane. Ces deux mots sont-ils synonymes ? Pas exactement.

L’incendiaire est un criminel. Par exemple, on parle des incendiaires nazis qui avaient mis le feu au Reichstag, dans les années trente, pour ensuite accuser les communistes, et neutraliser cette opposition politique.

Et le pyromane alors ? Ne commet-il pas un acte délictueux, ou criminel, lui ? Si, bien sûr, mais peut-être avec des motivations différentes. Le suffixe –mane est révélateur à cet égard. Le pyromane est presque un malade. Il obéit à une compulsion qui le pousse à jouer avec le feu, à allumer un feu. On peut rapprocher le mot de kleptomane : celui qui vole, dérobe, en raison de l’excitation extrême que cela lui procure… Ça ne le dédouane pas ; ça ne l’excuse pas, mais ça définit le fauteur de troubles de façon tout à fait particulière. Cela dit, le mot de pyromane a été employé, ces derniers temps, assez souvent et dans un sens qui était de moins en moins psychologique… Et on a même entendu parler, dans la presse, de pyromanes qui provoquaient des incendies pour des motifs tout à fait intéressés : politiques ou financiers… En fait, c’étaient plus des incendiaires que des pyromanes, au sens strict.


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