SECURITE

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

Sécurité : l’un des mots qu’on entend le plus, en ce moment, dans le vocabulaire politique... mais dans des contextes tout différents et avec des échos tout différents… D’un côté, il s’agit de la sécurité « des personnes et des biens » comme on dit. C’est-à-dire, en gros, de la lutte contre la criminalité sur la voie publique : si les rues ne sont pas sûres, il faudrait tenter qu’elles le soient plus. Et on a un certain nombre de mots de la famille qui interviennent dans ce contexte : sécuritaire, sécuriser (qu’on a peut-être plus entendu encore dans un contexte de guerre).

Et puis, on a un problème de sécurité moins individuelle : la sécurité sociale.
L’adjectif montre bien qu’il s’agit là d’un souci collectif.
Mais il est étonnant de voir combien ce mot de sécurité s’est adapté à ce sens-là. Alors que rien ne l’y prédispose. En effet, ce que l’on appelle sécurité sociale est essentiellement constitué par l’assurance-maladie. C’est donc une assurance qui assure le remboursement total ou partiel des soins… et parfois leur gratuité, ainsi que diverses prestations complémentaires… indemnités journalières en cas de longue maladie, etc. Alors, en effet, cela vous « sécurise »… mais ce mot de sécurité correspond presque à une métaphore… Parfois, on utilise aussi le mot de protection, la protection sociale représentant l’ensemble des dispositifs mis en place pour que l’état prenne en compte les aléas de la vie de chacun… Et on voit bien que l’utilisation du mot Sécurité correspond aujourd’hui à un réflexe abstrait : on n’a plus l’idée de sécurité dans la tête… Et d’ailleurs, on dit couramment la Sécu.

A tel point que ce mot représente l’ensemble de ces mécanismes d’affiliation aux assurances : Je suis à la Sécu, ou même plus courant : J’ai la sécu, je ne voudrais pas perdre la Sécu, je suis sur la Sécu de mon mari. On parle même du numéro de sécu, qui correspond à un genre de numéro national d’immatriculation, différent pour chacun, qui prend en compte la date et le lieu de naissance, et un numéro d’ordre… Quelque chose donc de très intime, de très personnel et de très administratif, bien représentatif de la vie moderne.

On avait aussi l’incontournable carte de Sécu. Mais tout ça fait un peu après-guerre (la Sécu date de 1945) au point qu’aujourd’hui, on a modernisé les documents (carte à puce) et leur nom : c’est la carte Vitale.



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