TRAM

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

Le tram qui, tout doucement, encercle Paris et dont une grande partie du trajet est encore en projet ou en construction fait couler de l’encre et grincer des dents… Construira ? Construira pas ? Financera ? Financera pas ? Soit ! Mais la question principale est quand même « qu’est-ce qu’un tram ? » C’est un mode de transport en commun assez ancien (enfin, extrême fin XIXème siècle) qui revient à la mode, et qui, modernisé, représente l’une des solutions les plus prisées pour améliorer les transports urbains. En fait, le tram tient le milieu entre le train, qui relie, en général, plusieurs villes différentes et le métro, le chemin de fer métropolitain qui, par définition, est un train qui circule à l’intérieur des villes. Mais voilà, le métro est la plupart du temps souterrain. Le tram est donc un train urbain (et, en ce qui concerne Paris, péri urbain) qui partage son territoire avec les voitures, les piétons, et même jadis les voitures à chevaux. Puisque le chemin du tram s’installe en pleine ville, en pleine chaussée… même si les trams modernes sont plus protégés –parois transparentes, etc…

Pourquoi ça s’appelle « tram » ? C’est l’abréviation de tramway… un mot anglais donc, qui s’est abrégé assez vite, et dont on sent encore qu’il vient de l’anglais. Le mot fait, au départ, partie du vocabulaire de la mine. C’est ainsi qu’on nomme les trains de wagonnets qui, dans les mines, transportent hommes ou charbon… Et, en 1873, s’installent les premières lignes de tramway à Paris et à Lille. Le mot va alors sortir d’un vocabulaire purement professionnel et se répandre. Au début du XXème siècle, il fait partie d’un vocabulaire tout à fait moderne, représentant l’innovation technologique, comme en témoigne Apollinaire : Soirs de Paris ivres de gin/ Flambant de l’électricité/ Les tramways feux verts sur l’échine/ Musiquent au long des portées/ De rail leur folie de machine/
Et il restera populaire assez longtemps puisqu’on le retrouve dans la traduction de la célèbre pièce de Tennessee Williams Un tramway nommé Désir, où il traduit l’américain streetcar.
Décomposons le mot : way signifie chemin, qu’on trouve en anglais dans railway ou airway, de même qu’en français, on trouve chemin de fer. Quant à « tram », le mot signifie, au départ, brancard, puis rail plat. En effet, les rails ne sont pas proéminents mais enterrés dans le revêtement de la rue ou entre les pavés.

Souvent parler du tram amène à penser au trolley, dit aussi trolley bus, bus et non pas train, donc, a priori, plus libre de son trajet, mais asservi quand même à un genre d’échelle qui le relie à des fils électriques et l’alimente en énergie. C’est ce dispositif qu’on appelait un trolley, en anglais… puis en France.



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