GISEMENT, VEINE, MINE...

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

La dernière mine vient de fermer en France, en Lorraine… Ou est-ce l’avant-dernière… ? Un dernier site semble encore fonctionner pour quelques mois… Mais on peut remarquer que si cette activité correspond à une vie industrielle du passé, la culture de la mine a laissé des traces dans la mémoire collective… et dans la langue…

Le gisement, par exemple, est un mot souvent employé dans des sens figurés…. Et de façon très contemporaine, on parle de gisements d’emplois… L’expression insiste sur la potentialités de ces emplois… Emplois à créer… ils n’existent pas encore, mais sont déjà là, sous-jacents, qui affleurent… « Il n’y a qu’à », comme on dit… Et on comprend facilement comment ce sens s’est mis en place : au sens propre, si l’on parle d’un gisement de pétrole, par exemple, on sait bien que le pétrole est là, sous la terre… Creusons… il jaillira…

Quant au mot « mine » lui-même, il a aussi un sens figuré… Quelqu’un est un « mine » lorsqu’il est susceptible de fournir des renseignements, ou même de rendre de nombreux services. Et là encore, on a l’idée que les richesses qu’on peut tirer de la mine sont inépuisables, presque…

On retrouve une idée du même genre avec le « filon »… On exploite un bon filon quand on a une chance de découvrir une source de profits… quels que soient ces profits… Cela dit, le mot filon évoque quand même de l’argent facilement gagné. On se laisse aller à une pente… douteuse.

Quant au mot « veine », il est bien proche de « filon », au sens proche, mais avec un sens figuré très différent. Au départ, on parle par exemple du chercheur d’or qui est tombé sur une bonne veine : il a trouvé un serpent de métal précieux, presque ininterrompu… Une source, pratiquement… De là, l’expression « être en veine de »… En veine d’inspiration, par exemple. Ou, au jeu multiplier les coups de chance… De là, l’utilisation du mot veine, au sens de chance…



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